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28 octobre 2008
Professionnel ou pas?

Des voix se sont élevées à l’issue des deux dernières manches du championnat du monde des rallyes contre les ordres de l'équipe Ford. Par deux fois, notre compatriote François Duval a levé le pied pour laisser passer son équipier Mikko Hirvonen, encore théoriquement en lutte pour le titre conducteurs.

Si sportivement, il est difficile d’approuver la politique de Malcolm Wilson, je ne peux que m’incliner devant les faits. En chef d’équipe d’une structure professionnelle représentant un constructeur, l’Anglais n’avait pas d’autre choix.

C’est un constat. Il en est ainsi dans le sport professionnel où les enjeux strictement sportifs s’effacent devant les considérations financières et politiques. Imaginez que pour tenter de convaincre les dirigeants de Ford de poursuivre l’aventure WRC, Wilson aurait dû avouer une erreur stratégique de taille l’ayant empêché de rafler un titre (mathématiquement, Hirvonen peut encore être champion) ...

De plus, contrairement à d’autres, Wilson a joué franc jeu en ne dissimulant pas son injonction à Duval (et Latvala en Corse) sous le couvert d’une quelconque panne de batterie ou autre...

Une certitude, c’est que François Duval sort grandi de l’aventure. Non seulement, il a prouvé qu’il n’avait rien perdu de sa pointe de vitesse, mais il a en plus prouvé à tous qu’il avait mûri, d’une part en restant sur la route, d’autre part en appliquant sans ostentation les tactiques d’équipe. Duval a démontré de la plus belle des manières qu’il avait désormais l’étoffe d’un vrai pilote professionnel.

Pour des compétitions à enjeu strictement sportif, il faut se reporter sur les courses réservées aux amateurs qui - comme le nom l’indique - existent pour le plaisir des participants et des suiveurs.

Inutile de souligner que le sport automobile n’est pas le seul concerné: ce constat est applicable à tous les sports. Qu’on le veuille ou pas, le sport professionnel intègre des enjeux qui dépassent de loin le simple aspect sportif, mais il est tout aussi vrai qu’il propose le plus souvent un spectacle de choix. Comme on dit de manière un peu banale, «il faut vivre avec son temps».

 Commentaires - Ajouter un commentaire

#1 - 28 octobre 2008, 22:15:31 de JAMINETJoel

C'est vrai que la façon non détournée de Malcom Wilson est à priori plus
honnête que celle employée par Citroën.
C'est vrai que Hirvonen est encore mathématiquement éligible à la place de
Champion du monde et qu'il faut mettre tous les atouts dans son jeu...
Mais...
Est-ce parce que nous sommes belges que nous acceptons si facilement cette
résolution de Duval à dire "amen" à ces tactiques?
La loi (ou vérité) du sport est bafouée, d'accord! François Duval a lui
prouvé qu'il avait atteint une mâturité enfin valable.
S'il veut continuer dans la cour des grands, c'est-à-dire chez les
professionnels, il a enfin trouvé la manière.
Regardez en cyclisme, Amstrong annonce son retour et c'est la panique chez
les grands organisateurs: s'il vient à gagner, et c'est possible, leur
crédibilité volera en l'air!
Le fric, le fric, le fric...



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